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La force et la faiblesse

Qui sont les forts et qui sont les faibles?

Selon certaines élites mondialistes, les intelligences moyennes ou faibles ne devraient jamais se mêler de gouverner les autres.  Leur sagesse, si elles en ont, serait de se laisser docilement gouverner elles-mêmes.  Point.  De toute façon, elles n’ont pas vraiment le choix, car les élites en question possédant (ou croyant posséder) l’intelligence qui manque aux autres, elles peuvent très facilement les rouler en silence et saisir dans leur dos les commandes du pouvoir.  Rien de plus simple, en fait.  C’est dans l’ordre des choses, après tout, car la liberté n’est pas pour tout le monde.  Voyez les Hébreux après leur sortie d’Égypte; oh, comme ils ont trouvé la pillule amère!  En captivité, au moins, ils avaient trois repas et un bon lit; pas ce désert torride, ces serpents et cette soif!  Quant à la manne, n’en parlons pas; c’est le pire rationnement que l’histoire ait connu!  Très mauvais service.

Oui, mauvais service pour ceux qui veulent se faire servir, mais non pour ceux qui sont là pour servir.  À la femme qui Lui demandait de placer ses deux fils à Sa droite et à Sa gauche, le Christ n’a-t-Il pas répondu par cette question terrible : pourront-ils boire à Ma coupe de sang et d’infamie?  Seuls ceux qui sont prêts à souffrir avec Lui pourront un jour briller et régner avec Lui.  « No pain, no gain, » comme dit l’anglais.  C’est cela, prendre sa croix et Le suivre.  Autrement, on ne Lui offre qu’une foi d’amateur; une foi invertébrée qui sera balayée à la première tempête.  Telle est la grande ligne de démarcation entre les faibles et les forts : les premiers ont une mentalité de consommateurs; les autres, le sens de la mission et du prix à payer. 

La liberté n’est pas pour les faibles, car c’est un trésor pesant, parfois même écrasant.  Sa loi est exigeante, car non seulement elle oblige à s’occuper de tout et à tout décider – donc, à assumer le poids des décisions -, mais elle impose aussi un lot de privations dont, comme nos bons Hébreux, on se passerait très bien.  Rien ne fait tant crier la société de consommation que la brûlante torture d’avoir à se priver!  Penser et se priver, c’est vraiment trop d’effort; et c’est tellement plus simple de se laisser conduire!  Au moins, on peut crier et se plaindre au patron; alors qu’en liberté, quand on est le patron, à qui peut-on s’en prendre?  Et puis, pourquoi jeûner, errer, endurer des épreuves, quand d’autres voudraient tant conduire à notre place? 

Pour la simple raison qu’en les laissant conduire, on accepte d’avance ce qu’ils vont décider.  Tourner à droite, à gauche ou… foncer droit dans le mur ou bien dans le décor.  C’est le principe de base de toute dictature, non seulement passée et présente, mais future; car c’est bien vers cela que se dirige le monde.  Y aurait-il eu dans l’histoire un seul Néron, un seul Hitler, s’il n’existait des foules toutes prêtes à l’acclamer?  Ce qui fait les Hitler et les Néron, c’est ce suivisme rampant, cette mentalité d’esclave, ces adeptes de la loi du moindre effort.  Ce sont les faibles de caractère, ceux qui sacrifient tout (y compris leurs principes) pour leur sécurité.  Force des tyrans, ces faibles forment l’essentiel de nos foules d’ajourd’hui.  Pour leur confort et leur sécurité, ils accepteront tout ce qu’on leur proposera (ou, plutôt, imposera).  Triste et terrible constat; car leur navrante mollesse, résultat d’une longue campagne d’abêtissement, prépare la voie royale au prochain dictateur.   

Ces foules qui désapprouvent, désapprouvent en principe, mais en principe seulement.  Elles parlent, mais ne font rien.  « Je suis contre » disent-elles.  Mais où est leur action, cette lourde action massive qui pourrait en un jour faire pencher la balance?  Pourquoi n’agissent-elles pas quand il est encore temps?  Elles n’ont qu’à se montrer; le tyran reculera.  Mais si elles continuent à se taire lâchement, le tyran s’installera et il les écrasera.  Et ce sera alors l’esclavage le plus noir.  Et il sera trop tard pour élever la voix.  « Nos chefs nous ont trompés pendant que nous dormions! » gémiront ces pauvres foules.  Bien entendu, ce sera la faute des chefs, pas celle des endormis…  Oublient-ils que le Maître viendra comme un voleur au milieu de la nuit?  

C’est la deuxième frontière entre les forts et les faibles : la tiédeur égoïste.   Les faibles crient toujours qu’on les a exploités, trompés ou molestés et se complaisent toujours dans le rôle de victime.  Mais ont-ils fait leur part pour résister un peu?  Ont-ils au moins tenté d’arrêter le malheur?  « Nous, nous ne faisons pas cela! » diront les bons croyants.  En principe, bien sûr, il n’y a rien de plus vrai : les croyants sont des forts, pas des poulettes mouillées.  Ils ont le cœur brûlant, fidèle et généreux.  Hélàs! la vérité est beaucoup moins glorieuse, car ils s’arrêtent souvent au niveau théorique.  Aucune application.  Les chrétiens d’aujourd’hui se donnent plus en pensée et en parole qu’en action.  Ils donnent sans se donner; ils se prêtent.   Ce sont des chrétiens virtuels qui pratiquent une religion sucrée et sélective. 

Car dans l’arène féroce de la réalité, quand les loups hurlent en chœur contre tout ce qui est bon et que leur voix sauvage exalte les pires vices, quand ils sautent à la gorge de tout contradicteur, combien y a-t-il de braves pour leur fermer la gueule?  Combien de voix s’élèvent au moins pour leur répondre, pour qu’ils ne restent pas les maîtres du terrain et poussent leur avantage jusqu’à tout avaler?  Le prix de l’apathie ne peut se calculer.  C’est le terrible prix de la mollesse humaine, celle qui laisse aux autres ce qu’elle ne veut pas faire et qui ne gagne rien à s’en aller en guerre pour des notions abstraites auxquelles elle ne croit plus…

C’est là ta grande faiblesse, homme moyen d’aujourd’hui.  Tu crois qu’en te taisant, quelqu’un d’autre parlera et qu’en restant au sec, quelqu’un d’autre se mouillera.  Tu penses que les idées, les croyances de tes pères ne sont que des vapeurs légères et volatiles, de pâles superstitions sans valeur ni fondement.  À part les intégristes, personne ne se jette plus dans la fournaise pour « ça ».  Eh bien, laisse-moi te dire haut et clair qu’on t’a enlevé tes armes, et ton armure avec.  Oui, on t’a abêti et tu t’es laissé faire.  « Ce qui compte, c’est les idées, dit Jean Sévillia, car ce sont elles qui mènent le monde.»; tout conquérant sait cela.  Pourquoi crois-tu qu’on se donne tant de peine pour créer dans ce monde une Pensée Unique, pourquoi tous ces efforts vers une religion universelle?  Pour fondre les esprits dans un seul et même moule et pouvoir gouverner sans trop de résistance.  Pour que tous glorifient un seul et même esprit, qui est loin – mais très loin - d’être l’Esprit de Dieu.

Tu veux avoir la paix, mais tout ce que tu fais la détruit dans ton cœur.  Manque de stabilité, manque de maturité : changer de travail dès que « ça ne vas plus », changer de partenaire au premier accrochage, claquer l’une après l’autre les portes à peine ouvertes en pensant que la prochaine sera sûrement la bonne.  Mais c’est toujours pareil : ce n’est jamais la bonne!  N’as-tu donc pas compris que le problème, c’est toi?  Si, au lieu de t’enfuir, tu serrais les dents de temps en temps pour garder ton emploi ou conserver ta femme; si tu te montrais ferme avec toi-même parfois, au lieu de tout attendre des béquilles qui t’entourent; si tu joignais les mains pour demander la force au Seul qui peut t’entendre et t’exaucer vraiment?  Peut-être sortirais-tu un peu de ta faiblesse.  Peut-être trouverais-tu enfin un peu de paix.       

Essaie et tu verras. 

Seuls les forts survivront.

 

Roger Poisson avec l’Esprit

 

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